Sondage FIVAPE/OpinionWay 2026 : le vapotage face aux enjeux de santé publique



En janvier 2026, la FIVAPE a rendu publics les résultats d’un sondage réalisé par OpinionWay auprès de vapoteurs français en novembre 2025.
Cette publication intervient dans un contexte sensible, marqué par le débat sur l’assimilation du vapotage au tabac, relancé par l’article 23 du projet de loi de finances (PLF) 2026.

L’étude apporte des données chiffrées sur les usages, les trajectoires de sevrage et les conséquences potentielles de mesures restrictives, offrant un éclairage utile pour le débat de santé publique.

Le vapotage, un levier majeur de sortie du tabagisme

Des chiffres supérieurs aux estimations officielles

Selon Santé publique France, la France compterait au moins 4,6 millions de vapoteurs, dont 3,6 millions d’usagers quotidiens.
Le sondage OpinionWay pour la FIVAPE avance une estimation plus élevée, avec 5,5 millions d’utilisateurs.

Au-delà du volume d’usagers, l’étude met en avant un élément central : le lien entre vapotage et réduction du tabagisme.

Des parcours de sevrage durables

Les résultats indiquent qu’au moins 3 millions de Français ont cessé de fumer grâce au vapotage, que ce soit actuellement ou par le passé.

Parmi les vapoteurs quotidiens :

  • 52 % ne fument plus, soit près de 2 millions de personnes ;

  • parmi les anciens vapoteurs ayant arrêté la vape, 36 % ne fument plus, représentant environ 1 million de personnes.

Cette donnée, rarement mise en avant, suggère que le vapotage peut constituer une étape transitoire, permettant non seulement de sortir du tabac, mais aussi, pour une partie des usagers, de la nicotine.


Restrictions envisagées : un risque de retour massif au tabac

L’impact potentiel des mesures fiscales et réglementaires

Le sondage s’est également intéressé aux intentions des vapoteurs en cas de restrictions sur l’accès aux produits du vapotage. Les résultats montrent une corrélation forte entre mesures d’entrave et reprise du tabagisme.

  • Taxation des e-liquides : 19 % des vapoteurs envisageraient de reprendre la cigarette, un chiffre qui monte à 23 % chez les doubles utilisateurs ayant recours aux substituts nicotiniques.

  • Interdiction de la vente en ligne : 25 % des doubles utilisateurs déclarent un risque de retour au tabac.

  • Fermeture des boutiques spécialisées : 23 % des vapoteurs concernés, jusqu’à 31 % chez les 18-34 ans.

  • Restriction des arômes : 25 % des vapoteurs, là encore jusqu’à 31 % chez les plus jeunes adultes.

Des publics déjà exposés en première ligne

L’étude souligne que ces effets toucheraient prioritairement les catégories de population les plus exposées au tabagisme, notamment les jeunes adultes et les usagers cumulant plusieurs méthodes de sevrage.


Le rôle structurant de la filière indépendante de la vape

Des usages majoritairement spécialisés

Selon le sondage :

  • 78 % des vapoteurs s’approvisionnent auprès de commerces spécialisés indépendants ;

  • 84 % utilisent des dispositifs rechargeables ;

  • 86 % consomment des arômes autres que le tabac, identifiés comme un facteur clé dans la sortie de la cigarette.

Ces données illustrent une structuration du marché distincte de celle du tabac combustible, reposant sur des circuits spécialisés et des produits différenciés.

Enjeux de régulation et effets collatéraux

La FIVAPE estime que des restrictions excessives pourraient favoriser :

  • le développement de marchés parallèles ou illégaux ;

  • un report vers les produits du tabac combustible.

L’organisation appelle ainsi à une régulation fondée sur les données disponibles et alignée avec les objectifs de santé publique, demandant le retrait des produits du vapotage de l’article 23 du PLF 2026 et l’ouverture d’un travail réglementaire spécifique et proportionné.


Une étude au cœur du débat sanitaire et législatif

Le sondage FIVAPE/OpinionWay 2026 s’inscrit dans un débat plus large sur la place du vapotage dans les politiques de lutte contre le tabagisme.
Sans se substituer aux autorités sanitaires, il apporte des éléments chiffrés sur les comportements des usagers et les conséquences potentielles de certaines orientations réglementaires.

À l’heure où les choix législatifs pourraient redessiner durablement le cadre du vapotage en France, ces données constituent un matériau central pour une réflexion équilibrée entre prévention des risques, réduction du tabagisme et cohérence des politiques de santé publique.

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