
La suppression de l’article 23 du projet de loi de finances (PLF) 2026 a été accueillie comme un soulagement par la filière française indépendante du vapotage. Cette décision gouvernementale, intervenue lors du recours à l’article 49.3 de la Constitution, a temporairement écarté un dispositif budgétaire perçu comme une menace directe pour l’équilibre économique du secteur.
Pour autant, cette avancée ne saurait être considérée comme une victoire définitive. Le contexte institutionnel et politique laisse subsister de nombreux scénarios susceptibles de remettre l’article 23 à l’ordre du jour.
Une suppression stratégique mais politiquement fragile
Le mercredi 21 janvier 2026, le gouvernement a engagé sa responsabilité devant l’Assemblée nationale afin de faire adopter le PLF 2026. À cette occasion, le Premier ministre a choisi de retirer l’article 23 du texte budgétaire.
Cette suppression a été perçue comme un signal positif envoyé à la filière du vapotage, fortement mobilisée contre des mesures jugées disproportionnées et déstabilisantes pour un tissu économique largement composé de PME indépendantes.
Cependant, le recours à l’article 49.3 implique mécaniquement un risque politique majeur : celui des motions de censure.
Le risque persistant des motions de censure
L’activation de l’article 49.3 a entraîné le dépôt de motions de censure par La France insoumise et le Rassemblement National.
Si les premières tentatives n’ont pas abouti, l’écart de voix observé lors du vote souligne la fragilité de la majorité gouvernementale.
D’autres motions sont déjà programmées à la suite de nouveaux recours au 49.3. Une adoption de l’une d’elles provoquerait la chute du gouvernement et l’ouverture d’une nouvelle séquence budgétaire. Dans ce scénario, rien ne garantirait l’absence de l’article 23 dans un futur projet de loi de finances.
Le Sénat, un acteur clé dans le devenir de l’article 23
Même en cas de survie politique du gouvernement, le parcours parlementaire du PLF 2026 est loin d’être achevé. Le texte doit encore être examiné par le Sénat, où les équilibres politiques diffèrent sensiblement de ceux de l’Assemblée nationale.
En première lecture, la chambre haute ne s’était pas opposée à l’article 23. Les sénateurs disposent donc de la possibilité de réintroduire cette disposition via des amendements.
Certes, le texte amendé reviendrait ensuite devant l’Assemblée nationale, où le gouvernement pourrait refuser ces modifications. Mais l’épisode récent a démontré que les arbitrages peuvent évoluer rapidement sous la pression politique et économique.
Un calendrier institutionnel à haut risque pour la filière vape
Même dans l’hypothèse où le Sénat renoncerait à rétablir l’article 23, l’adoption définitive du budget nécessitera un nouveau recours à l’article 49.3. Chaque utilisation ouvre mécaniquement la voie à de nouvelles motions de censure.
Autrement dit, la filière française indépendante du vapotage reste exposée à une instabilité institutionnelle prolongée, jusqu’à la promulgation définitive du PLF 2026.
Parallèlement, un lobbying intense se poursuit autour de cet article, porté par des acteurs aux intérêts divergents, ce qui contribue à maintenir une pression constante sur les décideurs publics.
Une victoire tactique, pas encore stratégique
La suppression de l’article 23 constitue indéniablement une victoire importante pour la filière française indépendante du vapotage. Elle démontre la capacité du secteur à se faire entendre dans le débat public et à peser sur les arbitrages gouvernementaux.
Néanmoins, entre la menace des motions de censure, les marges de manœuvre du Sénat et l’incertitude politique globale, cette avancée doit être analysée comme une bataille remportée, et non comme la fin du conflit.
À ce stade, la prudence reste de mise : tant que le budget 2026 n’est pas définitivement adopté, l’avenir réglementaire et fiscal du vapotage en France demeure incertain.